Je ne supporte plus de pleurer.
Je ne le supporte plus.
J’en ai marre.
J’en ai marre.
J’en ai marre.
J’en ai marre.
Je vais rouler. Je vais me relever. Me casser la geule. Et me relever.
- Hey, tu dois en avoir marre de rouler comme ça, hein?
Roule. Roule.
Je ne supporte vraiment plus de pleurer.
Vous ne savez pas ce que c’est que l’amour. L’amour c’est un jeune être presque maigre, il porte une grande bate, lourde et rouge, il a laissé des traces de la même couleur derrière lui. Il a une cigarette dans la bouche.
Son ombre est grande, d’un noir des plus profonds, elle s’étend derrière lui à la manière d’un immense corbeau froissant ses plumes sur le ciel. Vous ignorez quand vous êtes amoureux. Complètement. Vous ne voyez rien. Et tout se met à prendre forme, une forme différente, ça s’attache d’abord à l’environnement, puis aux pensées, aux idées, et enfin aux sensations. Tout s’est complètement perdu et renouvelé, vous ne le savez même pas, on s’en rend pas compte car on est juste pris dans notre crise d’égoïsme. Cet homme s’appelle l’amour. Et il ne se paye que votre tête.
On est pas triste pour quelqu’un. On ne souri pas à cause d’un sourire. On pleure pour soi et on se languis de nous-même. Non vraiment je n’y crois pas.
Ma haine n’y croit pas.
Je ne supporte plus de ne plus savoir écrire.
De toute façon je ne sais rien faire. Que va-t-il m’arriver, je ne peux lire des partitions, je ne vois que des points noirs et blancs se suivrent. Certes, cette sinuosité est jolie, mais je ne comprend pas ce qu’elle veut me dire.
Je ne supporte plus de ne plus pouvoir dessiner non plus.
J’ai ce regard qui ne me quitte plus, il ne veut pas me laisser dessiner de jolies choses, des choses heureuses, des visages épanouïs. Mais de toute manière, un visage ne peut s’épanouir avec des membres aussi raides, tranchants.
Mes personnes sont un peu des formes géométriques que j’assemble dans une symphonie bizarre et lugubre. Tout ce qui sort de ma tête n’est jamais doux et lisse. Je dois toujours trancher et déchirer le trait. Des traits durs, qui contrastent complètement avec l’image que je peux donner de moi. C’est ce qu’on m’a dit récemment.
Je veux chanter.
Je veux encore chanter.
J’aime ça. C’est une des rares choses que j’aimerai toute ma vie. Pourtant je ne cherche pas a bien le faire, ou à me prouver quelque chose, pas comme avec mes autres passe-temps. Je veux juste chanter.
Et depuis dimanche j’ai l’envie de changer.
Est-ce qu’il m’aurait causé un quelconque traumatisme?
J’ai envie de changer pour devenir quelqu’un de meilleur.
Mais je n’en ai ni le courage, ni la motivation. Pas aujourd’hui. Peut-être ni demain.
Je l’ai quelque part au fond. J’arrive à réveiller le désir de lumière, d’envie, de joie parfois, mais ça ne dure jamais très longtemps en ce moment. Mais quand cela arrive, j’ai l’impression que je pourrai faire n’importe quoi, que j’amais je n’ai été aussi libre, aussi moi, et que finalement, la vie n’a aucune importance, et que ce n’est pas si compliqué que ce que l’on dit.
Je ne veux pas parler de ce qui s’est passé. Qu’est-ce qui s’est passé vraiment? Je pense que je rêvais. Je rêve toujours. Je confond tout. D’ailleurs ça ne m’a pas blessé. Je ne ressens juste rien en y repensant. Mais pourtant je me rend compte, maintenant, que quelque chose d’infiniment petit s’est opéré en moi, et a dérangé quelque chose qui n’est alors plus à sa place. Mais qu’est-ce que c’est?
Pourquoi vous obstinez-vous à aimer d’une manière aussi puérile et insensée. L’amour vient et sait pertinement quand il doit vous marcher dessus. Et ce ne sera pas ce soir. Clairement pas non. Parce que vous n’y pouvez strictement rien. Cet amour, il est stupide, il est rien, il me pousse juste à bout, et avec le temps ca n’aura plus d’importance à vos yeux.
Non mais je rêve sérieusement. Quel stéréotype des plus embarrassants. Foutez trois geeks en chien et une loli en détresse, la viande part de tous les côtés, le cerveau s’étale sur les murs, la chaire est belle et fraiche oui mais tout est devenu complètement rouge, car l’homme à la bate vient de passer. (Encore une fois). Je m’en serais empêchée, moi, j’aurai trouvé ça tellement honteux, porter une telle banalité sur les épaules, que j’en serais tombée malade.
Et.
Ca me fait mal tout en me faisant du bien.
Je n’ai pas de paroles réconfortantes, non, parce qu’il n’y a plus que de la colère dans ce qu’est devenu mon coeur. Pourquoi dit-on le coeur, je préfèrerais dire dans la gorge, ou dans les yeux peut-être. Même si les miens restent figés. Je ne cherche pas a me remonter le moral non plus. Je crois qu’au point où j’en suis, je vais juste tout dire, puis je dormirai, et demain je redeviendrais calme à nouveau, j’écouterais la voix synthétique chanter, je me sentirais bien, je chanterai avec elle, je regarderai les gens passer, sous le merveilleux temps qu’il fera, je le sais, et je serais heureuse de ce que j’ai.
Oh. Mes larmes se sont évanouïes.
Je crois que ma peine cicatrise.
Ce n’était pas vraiment de la peine.
Je ne sais pas vraiment pourquoi je fais ça.
Je crois que, je viens juste de tomber en roulant.
Mais je vais me relever. Toujours.
” Je veux rouler encore une fois ” .
Et je voudrais arrêter de respirer.
Maintenant.








